Portrait d’une enfance déchue

Jerry Schatzberg

Avec Faye Duneway (Lou), Barry Primus (Aaron)

Couleurs - 1970 - DVD

L'intrigue

Lou Andrés Sand, ancien mannequin vit recluse dans une maison isolée au bord de l’océan. Aaron, son ami photographe lui rend visite et enregistre leur conversation. Lou se souvient et raconte leur rencontre, son travail, son ascension dans le monde de la mode, sa dépression et ses séjours successifs en hôpital psychiatrique.

  • Barry Primus (Aaron) et Faye Dunaway (Lou)

  • Faye Dunaway (Lou)

  • Faye Dunaway (Lou) et Barry Primus (Aaron)

  • Faye Dunaway (Lou)

  • Faye Dunaway (Lou)

  • Faye Dunaway (Lou)

  • Faye Dunaway (Lou)

  • Jerry Schatzberg

  • Carole Eastman la scénariste

  • Pierre Rissient

  • Anne Sainte-Marie

  • Anne Sainte-Marie

  • Affiche

  • Affiche US

Un film culte, le portrait d’une femme brisée

« C’est l’histoire d’une amie que j’ai vu sombrer dans la dépression, j’ai vu ça chez beaucoup de mannequin »1. Jerry Schatzberg, photographe de mode a travaillé avec Anne Sainte-Marie, célèbre mannequin des années cinquante et lui a rendu visite après sa dépression. A cette occasion il enregistre trois heures trente d’entretien qui vont devenir le point de départ de son film. Schatzberg rencontre Carole Eastman, la scénariste de Cinq pièces faciles (1970) de Bob Rafelson et lui fait écouter l’enregistrement. Eastman s’enthousiasme et rédige le scénario.
Portrait d’une enfance déchue est « un film brûlant, un film de passion »2 sur le monde de la mode, des célébrités et sur la vanité des apparences. Faye Duneway, ancien mannequin que Schaztberg avait photographiée, s’est totalement identifiée au rôle de Lou. Schatzberg a réussi le portrait émouvant, énigmatique et d’une grande rigueur formelle d’une femme fascinante, lumineuse, à la dérive.
On ne compte plus les cinéastes américains « révélés » par la critique française, il y a le « Hitchcock » de Truffaut, mais aussi le « Hawks » ou le « Ray » de la jeune garde des Cahiers du cinéma, puis le « Losey » et le « Walsh » des mac-mahoniens3 et plus récemment le « De Toth » de Tavernier, autant de cinéastes mal considérés, ignorés ou passés de mode dans leur pays et que la critique française a sortis de l’oubli.
Avec la réception de Portrait d’une enfance déchue en France se rejoue la petite histoire exemplaire du critique parisien au regard sagace qui déniche une pépite dans le catalogue proposé par les productions américaines atteintes de myopie. Pierre Rissient, cinéphile touche-à-tout qui fréquente et travaille dans les milieux du cinéma à Paris, découvre en 1970 le premier long-métrage de Schatzberg au festival de San-Franscico. Schatzberg est un photographe de mode qui vit à New-York, loin de Hollywood, c’est un playboy, propriétaire d’une boîte de nuit branchée qui gravite dans un milieu éloigné de celui du cinéma. Le film est ignoré les critiques et boudé par le public. Les producteurs remontent et mutilent le film qui disparaît des écrans américains. Rissient insiste auprès des producteurs : « J’ai demandé à ce que le film sorte en France dans sa version originale »4 et organise sa diffusion à Paris. L’accueil du film dans notre pays sera la hauteur de ses attentes. Schatzberg continuera sa carrière avec « Panique à Needle-park » (1971) et « L’épouvantail » (1973). Par ricochet et grâce à l’obstination de Rissient, Portrait d’une enfance déchue sera redécouvert aux Etats-Unis et deviendra un film culte pour les générations suivantes.

  1. Interview de Jerry Schatzberg, par Michel Ciment dans le bonus du dvd Carlotta
  2. Interview de Pierre Rissient dans le bonus du dvd Carlotta »
  3. Cinéphiles parisiens qui se retrouvaient au cinéma le Mac-Mahon situé près de l’Etoile. Rissient en était le chez de file. 
  4. Pierre Rissient , interview dans le bonus du dvd