Liza

Marco Ferreri

Avec Catherine Deneuve (Liza), Marcello Mastroianni (Giorgio)

Couleurs - 1972 - support DVD

L'intrigue

Giorgio et son chien Melonpo vivent seuls sur une île de Méditerranée. Liza une jeune femme désoeuvrée les rejoignent, tue son chien et prend sa place.

  • Catherine Deneuve (Liza) et Marcello Mastroianni (Giorgio)

  • Catherine Deneuve (Liza)

  • Catherine Deneuve (Liza)

  • Jacquette dvd: Liza

  • Affiche: Liza

Une femme, une chienne…

« Liza« , dont le titre original italien est « La cagna » c’est-à-dire, « La chienne », est un film étrange, dérangeant, subversif (ou ridicule, c’est selon). Comme souvent chez Ferreri, ajouter un commentaire c’est déjà interpréter et aller bien au-delà de la volonté du cinéaste.

Faire un film sur une femme qui devient la chienne d’un homme au début des années soixante-dix ne peut qu’apparaître comme une provocation. On se demande tout au long du film si ce que l’on voit est bien ce qui est montré. Certains y ont vu un film contre le féminisme et son idéologie. La volonté du cinéaste est ailleurs. Dans les films de Ferreri, « la monstration» a l’ambition de coïncider strictement avec la mise en scène. Ferreri ne revendique pas d’autre ambition que de montrer ce qu’il filme et de filmer ce qu’il montre. Par le simple fait d’apparaître à l’écran, l’image éreinte toute tentative de recherche de sens. Ferreri a l’ambition de ramener ou d’élever le cinéma à son niveau le plus primitif et le plus originaire.

C’est à cet endroit que le film de Ferreri pourrait être vu comme un regard possible sur ce qui se joue dans la perversion. J’utilise le conditionnel tant il est difficile pour le névrosé de concevoir la perversion. « Seuls les pervers peuvent parler de la perversion » disait Lacan. La perversion apparaît comme une provocation et un défi permanent à la loi. C’est une tentative d’établir « un rapport à l’objet qui s’affranchit des lois du langage » qui ne connaît ni le refoulement, ni la castration.1

Reste qu’au-delà de la volonté du cinéaste, de son sens de la de la farce, de la provocation et de son éventuelle volonté perverse,  » Liza «  raconte l’histoire d’une femme qui devient une chienne et pas une libellule. Difficile d’échapper au langage et à ses implications.

 

  1. ROLAND CHEMAMA et BERNARD VANDERMERSCH, « Perversion », dans « Le dictionnaire de la psychanalyse , Paris, Editions Larousse, 2003, page 311.