Gilbert Grape

Halle Halström

Avec Johny Depp (Gilbert Grape), Léonardo DiCaprio (Arnie), Juilette Lewis (Becky), Dralene Cates (Bonnie)

Couleurs - 1993 - DVD

L'intrigue

Gilbert est sympa, il se met quatre pour rendre service à tout le monde. Il travaille dans la superette de son village qui a bien du mal à tenir face à la concurrence du supermarché du coin. Il essaie de satisfaire l’appétit sexuel de Betty, la femme frustrée de l’assureur local. Il a la charge d’Arnie, son jeune frère déficient mental qui ne cesse de faire des pitreries, de Boonie, sa mère qui pèse un quart de tonne et de Darlène et Amy, ses deux autres sœurs qui rêvent de partir ailleurs. Heureusement tous les ans un convoi de caravanes traverse le village et cette année l’une d’elle tombe en panne…

La dinguerie « trop sympa "

« Gilbert Grape » est un film qui cherche trop à séduire pour être vraiment convaincant. Le réalisateur d’origine suédoise Halls Hallström est un habitué des grosses productions au casting international. Il a la réputation d’être à la botte des producteurs, c’est-à-dire de faire des « films d’auteurs pour les gens qui détestent les auteurs » comme l’écrit Mitchell, le critique du New York Times1. Peter Hedges, l’auteur du roman à succès dont est tiré le film « What’s eating Gilbert Grave », en a écrit lui-même l’adaptation pour le cinéma.
Le personnage le plus extravagant de cette saga familiale américaine sans père (une de plus…) est celui de Bonnie, la mère de famille, interprétée par Darlen Cates une comédienne de 250 kilos, qui menace à tout moment de faire écrouler la maison familiale sous son poids et qui se suicide tout au long du film en ingérant de la nourriture. Johnny Deep est sobre et remarquable, tandis que le jeune Léonardo DiCaprio, de plus en plus sale et barbouillé, le visage déformé par des morceaux de coton placé sous ses lèvres, improvise une représentation ultra-conventionnel et gesticulatoire de la déficience mentale. Au final le résultat est lisse et mièvre. Le film a fait un carton. Ceci explique sans doute cela.

  1. Article d’Elvis Mitchell, cités par Pierre Biskind dans « Sexe mensonges et Hollywood », USA, 2004, 2006 pour la traduction française, Editions Le cherche Midi, Col. Point poche, pages 711. Lire aussi l’opinion de Gus Van Sant sur Hallström dans le même ouvrage pages 523 et 524